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stress post-traumatique : vous pouvez aussi vous faire enlever des neurones !

mardi 9 août 2016, par Jeanne HILLION

Publié le 06 avril 2009 à 05h00 | Mis à jour le 06 avril 2009 à 11h36

une équipe de chercheurs canadiens vient de démontrer, sur des souris, qu’il suffit d’éliminer quelques neurones dans le cerveau pour « effacer », en quelque sorte, la peur associée à un souvenir douloureux.

Le Dr Steven A. Kushner, psychiatre, qui a participé à l’expérience, travaille avec plusieurs patients qui souffrent du SSPT. Il explique que la peur et le souvenir sont deux choses que le cerveau traite différemment, même si elles sont associées.

« Il y a différents types de mémoires, de souvenirs : j’ai déjà entendu ceci, je suis déjà venu ici, j’ai peur de ça... Chaque type de souvenir est enregistré à un endroit différent du cerveau. Lorsqu’un souvenir cause une émotion comme la peur, ça active une petite région qu’on appelle l’amygdale, qu’on retrouve chez les humains comme chez les animaux. »

Mais ce ne sont pas tous les neurones de l’amygdale qui entrent en action, dit-il. « C’est juste un petit nombre, quelques centaines à travers des millions. Et jusqu’ici on ne pouvait pas savoir lesquels. C’était comme essayer de percevoir un chuchotement à travers le vacarme d’une foule. »

C’est malgré tout ce qu’ils sont parvenus à faire, à identifier d’où provient le chuchotement et l’éteindre, mais leur méthode ne peut cependant pas être appliquée à des humains.

« Le principal problème, c’est que nous devons marquer les cellules avant que l’événement survienne pour être en mesure d’identifier celles qui ont subi un changement pendant l’événement. Pour répéter l’expérience sur des soldats par exemple, il faudrait savoir, avant de les envoyer au front, lesquels vont souffrir de stress post-traumatique plus tard, et c’est évidemment impossible. »

L’expérience réalisée sur les souris montre malgré tout qu’on peut effacer la peur sans pour autant effacer le souvenir lui-même.

« L’objectif ultime que nous poursuivons, c’est que la personne se rappelle de l’épisode sans pour autant revivre les émotions de nouveau. Il faut trouver des façons d’inhiber la peur qui accompagne le souvenir, parce qu’elle domine tout le reste. »

Le chercheur explique que les images des lieux, les sons, sont enregistrés dans une autre région du cerveau, l’hippocampe, qui n’est pas touchée par l’intervention. Les détails visuels et auditifs de l’événement restent donc intacts, mais ne provoqueront pas la panique, si on arrive à désamorcer son mécanisme.

Traitement

Pour traiter le stress post-traumatique, on utilise présentement une médication pour contrer les symptômes d’anxiété, avec de la psychothérapie pour apprendre à dissocier la réaction émotive des sons ou des images qui la déclenchent.

« Le problème, dit le Dr Kushner, c’est que les rechutes sont inévitables, parce que les neurones qui ont été activés lors du traumatisme sont toujours présents. Le nouvel apprentissage ne peut pas les faire disparaître. On essaie de bloquer le réflexe par l’apprentissage, mais c’est insuffisant, parce que le réseau qui s’est créé est beaucoup trop fort. L’intérêt de notre recherche, c’est de démontrer que, pour améliorer l’efficacité du traitement, il faut cibler les neurones qui ont enregistré l’événement. »

Même si on ne voit pas encore de façon d’éliminer les neurones fautifs chez l’humain, on peut malgré tout étudier les changements qui surviennent lorsque le souvenir se forme. Cela permettra peut-être de créer des médicaments mieux ciblés pour inhiber cette réaction sans affecter les autres fonctions du cerveau, espère le chercheur.

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