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Le rapport annuel du Conseil économique...

lundi 29 mai 2017, par Jeanne HILLION

Le rapport annuel du Conseil économique social et environnemental constate que les Français sont très pessimistes pour leur pays mais plutôt satisfaits de leur situation personnelle.

LIRE LE RAPPORT
Social. Le Cese appelle à une refondation de notre cohésion sociale

Dans "L’état de la France", Guillaume Duval et Pierre Lafont, ses auteurs, s’alarment du fait que le pessimisme excessif des français ne devienne autoréalisateur et que "nous ne nous [mobilisions] pas suffisamment et nous ne [profitions] pas de nos réels atouts pour affronter les défis du 21e siècle comme la transition écologique ou la révolution numérique". Ils invitent donc à une "refondation de notre cohésion sociale".
Ils appellent notamment à mieux lutter contre le non-recours aux droits, à rapprocher les institutions sociales de la population, à adapter et fluidifier les réponses sociales.

Si le chômage de masse, le délitement des solidarités, l’aggravation des inégalités sont incontestables, la France reste cependant l’un des pays au monde où les inégalités demeurent les plus limitées. François Dubet, sociologue, explique la dichotomie entre la situation réelle du pays et la perception que les français en ont par "une compétition sociale permanente" qui "exacerbe la peur du déclassement".

LES CONDITIONS D’UNE FRANCE RÉCONCILIÉE

Réconcilier la France autour d’une conception partagée de son avenir implique d’abord de réconcilier les Français.e.s
avec eux-mêmes. Il est nécessaire en effet de donner un nouvel élan à la cohésion sociale pour pouvoir mettre
la société en mouvement autour d’un projet commun.

A. REFONDER LA COHÉSION SOCIALE
Il nous faut rendre davantage de fluidité et de proximité aux liens sociaux autour desquels se construit la nation.
Ê
1. Adapter et fluidifier les réponses sociales
La réduction des inégalités doit s’opérer d’abord au niveau des revenus tirés directement de l’activité économique.
Ce qui implique bien sûr de donner la priorité à la création d’emplois mais aussi de veiller à la qualité de ces emplois
en évitant de créer des « trappes à bas salaires » et en organisant le cadre législatif et réglementaire des nouveaux
emplois indépendants qui se créent avec la révolution numérique.
Ê
2. Mieux lutter contre le non-recours aux droits
La France est dotée d’un dispositif développé de lutte contre la pauvreté mais celui-ci ne fonctionne pas au
maximum de son efficacité à cause notamment de l’ampleur du non recours aux droits. Il faut simplifier et rendre
plus cohérent le système des minimas sociaux en en facilitant l’accès et la lisibilité.
Ê
3. Une école plus efficace contre les inégalités
Le système scolaire français est, parmi les pays développés, un de ceux où les résultats dépendent le plus du statut
social des parents. Priorité à l’école maternelle et primaire, des enseignants plus expérimentés, plus nombreux et
mieux payés dans les zones difficiles, une reconnaissance accrue des capacités d’innovation et de travail coopératif
des enseignants : les solutions sont connues mais il reste à les mettre en œuvre de façon déterminée.
Ê
4. Rapprocher les institutions sociales de la population
Les institutions sociales paraissent souvent lointaines et inefficaces à ceux qui en auraient le plus besoin. Cette
situation appelle davantage de réponses de proximité en identifiant le niveau local le plus adéquat pour la mise en
oeuvre des politiques sociales. Un droit d’expérimentation, limité dans le temps, pourrait permettre de tester des
dispositifs donnant un rôle plus actif à des mouvements associatifs capables d’allier proximité et efficacité dans
l’aide aux plus démunis.
B. UNE FRANCE PLUS INNOVANTE ET TOURNÉE VERS L’AVENIR
Pour renforcer la cohésion sociale, il nous faut aussi retrouver un projet commun capable de nous mobiliser pour
faire face aux défis du XXI
e
siècle, en particulier à la révolution numérique et à la crise écologique.
Ê
1. Une recherche plus efficiente
L’effort de recherche français reste insuffisant, mais son organisation pose aussi question. La structuration de
la recherche publique autour d’appels d’offres et la précarisation des chercheurs ne produisent pas toujours des
résultats optimaux. Le soutien public à la recherche privée, via notamment le crédit d’impôt recherche, mériterait
lui aussi d’être évalué plus précisément ainsi que la politique des pôles de compétitivité.
Ê
2. C’est toute la société qui doit devenir innovante
Au-delà des chercheur.euse.s, c’est toute la société qu’il faut mettre en mouvement. Ce qui implique de changer
des modes de management qui restent trop souvent autoritaires et verticaux et de donner plus de responsabilités
aux salariés au sein des entreprises. Il faut aussi changer les relations entre l’
É
tat et les citoyens pour que celui-ci
s’adapte plus vite à leurs besoins. Des institutions comme le CESE et les CESER sont à même d’y contribuer.
Ê
3. Mieux profiter de nos atouts
La France a de nombreux atouts à faire valoir au XXI
e
siècle mais n’en a pas encore suffisamment pris conscience.
C’est le cas en particulier pour construire une « bioéconomie », capable de remplacer les énergies fossiles et les
matières premières non renouvelables du fait de la géographie encore très rurale de notre pays. Cela implique
cependant d’accélérer rapidement la transition énergétique et la mutation écologique de notre économie.


Voir en ligne : Le Conseil économique, social et environnemental

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