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Les enfants, va falloir attendre encore un peu !

jeudi 9 février 2017, par Jeanne HILLION

L’article 222 du projet de loi « égalité et citoyenneté » introduisait dans la définition de l’autorité parentale l’interdiction d’avoir recours aux « violences corporelles » envers les enfants. Cet amendement parlementaire, proscrivait les gifles et les fessées.

Évidemment l’article n’était assorti d’aucune punition. Il était plutôt symbolique pour faire comprendre aux adultes qu’ un enfant est un être sensible, tout comme les animaux, qu’un papa hurlerait, qu’une maman porterait plainte si quelqu’un osait porter un coup à son enfant, et que de même si c’est lui-même ou elle-même qui recourt à une violence physique, (fessée, tape, menace de frapper...° EH BIEN L’ENFANT est tout pareillement choqué, que la menace est une pression forte sur l’enfant....

Ce sont des sénateurs LR qui ont considéré cet article mal à propos, ça les gênait aux entournures, et ont porté le texte devant le conseil constitutionnel.

Le Conseil constitutionnel français vient donc de censurer l’article interdisant les "violences corporelles" contre les enfants ! Les enfants, va falloir attendre encore un peu !

Les sénateurs ont choisi de remettre en cause l’article 222 en le qualifiant de "cavalier législatif", c’est-à-dire qu’il n’avait aucun rapport, même indirect, avec l’objet du projet de loi initial, et était, par conséquent, inconstitutionnel.

Le gouvernement a défendu la loi en avançant que le texte original contenait plusieurs dispositions relatives à la jeunesse, et que l’interdiction de toutes les formes de violence contre les enfants était donc bien en lien avec le projet de loi.

Le Conseil constitutionnel a malgré tout donné raison aux sénateurs LR, déclarant l’article inconstitutionnel en raison de l’absence de lien direct ou indirect avec le texte initial du projet. La décision du Conseil est définitive. How many times..... [1]

La ministre Laurence Rossignol qui trouvait que cet article « amplifiait le travail de conviction en faveur d’une éducation non violente », ainsi qu’un « outil indispensable à la prévention de la maltraitance des enfants », a exprimé sa deception face à ce rejet «  Je suis très choquée que des députés de droite aient déféré ce nouvel article devant le Conseil constitutionnel (…). D’un certain point de vue, ils ont revendiqué le droit de frapper les enfants », a-t-elle considéré.

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A tous les enfants qui sont partis le sac à dos
Par un brumeux matin d’avril
Je voudrais faire un monument
A tous les enfants

Qui ont pleuré le sac au dos
Les yeux baissés sur leurs chagrins
Je voudrais faire un monument
Pas de pierre, pas de béton

Ni de bronze qui devient vert
Sous la morsure aiguë du temps

Un monument de leur souffrance
Un monument de leur terreur
Aussi de leur étonnement
Voilà le monde parfumé,

Plein de rires, plein d’oiseaux bleus
Soudain griffé d’un coup de feu
Un monde neuf où sur un corps
qui va tomber
Grandit une tache de sang

Mais à tous ceux qui sont restés
Les pieds au chaud, sous leur bureau
En calculant le rendement
De la guerre qu’ils ont voulue

A tous les gras tous les cocus
Qui ventripotent (1) dans la vie
Et comptent et comptent leurs écus
A tous ceux-là je dresserai

Le monument qui leur convient
Avec la schlague (2), avec le fouet
Avec mes pieds avec mes poings

Avec des mots qui colleront
Sur leurs faux-plis (3) sur leurs bajoues
Des larmes de honte et de boue.

Boris Vian, « A tous les enfants »

(1) ventripoter : verbe crée par B. Vian sur l’adjectif « ventripotent « (qui a un gros ventre).

(2) schlague : coups de baguette ; punition en usage autrefois dans l’armée allemande.

(3) faux-plis : pliures qui ne devraient pas exister.


[1How many roads must a man walk down
Before you call him a man ?
Yes, ’n’ how many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand ?
Yes, ’n’ how many times must the cannon balls fly
Before they’re forever banned ?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.

How many times must a man look up
Before he can see the sky ?
Yes, ’n’ how many ears must one man have
Before he can hear people cry ?
Yes, ’n’ how many deaths will it take till he knows
That too many people have died ?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.

How many years can a mountain exist
Before it’s washed to the sea ?
Yes, ’n’ how many years can some people exist
Before they’re allowed to be free ?
Yes, ’n’ how many times can a man turn his head,
Pretending he just doesn’t see ?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.

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