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L’AMOUR INFANTICIDE

lundi 12 mai 2014, par Jeanne HILLION

L’amour infanticide

Jean-Luc Viaux

Préface de : Daniel Zagury

Collection : Crimen

Editeur : Larcier

L’infanticide ce n’est pas que les grossesses dissimulées ou l’enfant enterré dans la forêt dont parlent les médias : c’est environ 200 morts suspectes d’enfants par an après maltraitances, c’est la mélancolie qui frappe de désaveu l’être mère.

Après avoir fait le point sur les connaissances en matière de « néonaticide », « filicide » et « infanticide », cet ouvrage se propose une analyse de situations infanticides à partir de dizaines de cas, depuis la mort du nouveau-né, parfois répétée plusieurs fois, jusqu’au meurtre de masse (plusieurs enfants).

Ces mères qui ont tué leur(s) bébé(s) ou leurs enfants sont habitées par une mélancolie particulière qui est au centre de ces histoires dramatiques, mais cependant toutes singulières. Cette mélancolie n’est pas une maladie mentale et se doit d’être expliquée, car incomprise, par le clinicien lors de procès souvent fort médiatisés.

L’ouvrage, issu de l’expérience clinique de l’auteur, tente de décrypter et de répondre à une interrogation essentielle qui fait aujourd’hui débat : Comment certaines femmes se retrouvent-elles face à un besoin de « néantisation » qui les fait se supprimer en tant que mères ou conserver comme témoins de leur « maternalité » les corps de leurs nourrissons décédés ?

 Avant-propos

 Préface

 Introduction

 Chapitre 1. Que savons- nous sur l’infanticide et le filicide ?

 Chapitre 2. L’apport des théories psychodynamiques et de la
psychopathologie contemporaine .

 Chapitre 3. L’être mère face au néant

 Chapitre 4. Néonaticide : dénis, impensés et mélancolie

 Chapitre 5. Du désaveu à la répétition : la mort en abyme

 Chapitre 6. Le syndrome du sacrifice : les mères qui tuent tous leurs enfants

 Chapitre 7. Dissociation et désaffiliation

 Chapitre 8. Les intermittences de la pulsion infanticide

 Chapitre 9. Le syndrome de Médée ou la place du père dans l’infanticide

 Chapitre 10. Filicides pathologiques ou pathologie filicide ?

 Conclusion

 Bibliographie

Titre L’amour infanticide

Mnémo AMOINF

Auteur(s) Jean-Luc Viaux

Préface de Daniel Zagury

Edition 1re Edition

Langue Fr

Format Livre

ISBN-10 2804466558

ISBN-13 9782804466558

Nombre de pages 292

Date de parution Avril 2014

Prix recommandé 46.00 €

ONIX

Jean-Luc Viaux

Professeur de Psychopathologie et Psychologie Légale, doyen de la Faculté des Sciences de l’Homme et de la Société, expert près la Cour d’Appel de Rouen.

Daniel Zagury

Psychiatre des hôpitaux, expert près la Cour d’appel de Paris.

PRÉFACE extrait :

Les néonaticides et les infanticides, auxquels Jean-Luc Viaux consacre son
ouvrage, sont aujourd’hui les crimes absolus. Le massacre des innocents
est au coeur de nos terreurs. Nous en oublions qu’il n’en a pas toujours
été ainsi. Depuis l’Antiquité jusqu’à une période très récente, le crime
absolu, celui qui justifiait les pires tortures, c’était le parricide et ses prolongements – le magnicide ou le régicide. Depuis peu, et c’est une révolution
considérable dans les mentalités, les parricides susciteraient plutôt
dans la conscience collective une commisération : il faut être bien malade
pour s’en prendre à ses parents. Les meurtres d’enfant sont devenus l’horreur
absolue.

L’opinion publique est bouleversée par les crimes sexuels dont l’enfant est
la victime, par les kidnappings et demandes de rançon qui s’achèvent par
le meurtre, ou par l’enfant victime d’un malade mental. Un procès récent
vient de le montrer : l’évidence clinique vole en éclats quand l’opinion
publique et l’instrumentalisation politique convergent. Mais c’est oublier
que ces crimes sont rares et que quatre-vingt pour cent des meurtres d’enfant
sont commis par les parents eux-mêmes.

Pour l’opinion publique, les mères qui tuent leurs enfants, sont des monstres
avec lesquels toute ressemblance, toute commisération est radicalement
exclue. Mais ce sont aussi des malheureuses, dont on pressent bien qu’elles
ne sont pas aussi éloignées de nous, mais auxquelles il est impossible de
s’identifi er en les accompagnant dans leur descente aux enfers. Quel est
le parent qui peut faire ce chemin ? Quand la mère assassine décède par
suicide, la presse titre Drame familial. Quand elle survit à son geste suicidaire,
elle est marquée d’un surcroît d’opprobre : elle a mobilisé suffi samment
de force pour faire mourir, non pour mourir.

En écho de la réaction collective, le discours clinique est souvent inaudible,
perçu tantôt comme faisant le lit de l’excuse, tantôt comme témoignant
d’une inhumaine froideur.

Rares sont les oeuvres qui parviennent à échapper à la réduction ou à la
caricature. Ce fut le cas du très beau fi lm de Joachim Lafosse, À perdre la
raison, inspiré de l’histoire de Geneviève Lhermitte, qui avait bouleversé
la Belgique ; comme ce fut le cas du téléfi lm de Jean-Xavier de Lestrade,
sur l’Affaire Courjault.

Il convient de distinguer clairement avec Jean-Luc Viaux le néonaticide
(avant 72 heures) et le filicide (après 72 heures). Son analyse du néonaticide
qui suit un déni de grossesse se superpose complètement à la mienne.
Le bébé à venir n’a jamais eu d’existence psychique. Il n’y a jamais eu
de grossesse psychique. Le déni n’est pas ici un anéantissement de l’objet
schizophrénique. Ces femmes ne sont pas délirantes. L’accouchement, dans
une improvisation catastrophique des conduites, n’est pas vécu comme tel
et la mère se débarrasse du nouveau-né comme d’un objet frappé d’inexistence.

Dans le filicide, l’enfant est entraîné dans la chute vertigineuse de la
mère. Partir ensemble, c’est ne pas abandonner, c’est dénier la séparation
impensable, irreprésentable. Jean-Luc Viaux a choisi un titre provocateur,
qui pourrait résonner comme un scandale : L’Amour infanticide. Car ces
mères, qu’elles veuillent épargner une souffrance plus terrible encore à leur
enfant, ou qu’elles veuillent le garder à leur côté pour l’éternité, passent à
l’acte avec l’amour en tête.
C’est le mérite de Jean-Luc Viaux, d’avoir bien
montré cette dimension passionnelle. Son livre est sérieux, non seulement
parce qu’il repose sur une expérience peu commune, mais aussi parce qu’il
renonce à toute théorie de l’infanticide.

Je déteste les formules ronfl antes
qui prétendent tout résumer, ready made de la clinique médico-légale,
équations de l’horreur. On ne court-circuite pas le cheminement élaboratif
qui part du cas singulier, à nul autre superposable et pourtant si semblable
à d’autres.

« C’est toujours la même chose, mais ce n’est jamais pareil »,
me suis-je souvent dit face à ces mère qui ont tué leur nouveau-né ou leur
enfant.

Optant pour la démarche psychodynamique et transnosographique,
Jean-Luc Viaux cite Claude Balier : tuer son enfant, c’est « orienter sur
un autre qui est en fait une partie de soi-même une violence inélaborable,
héritée d’une impasse lors des premières relations parentales ».

L’ouvrage de Jean-Luc Viaux sera important pour tous les étudiants qui
veulent apprendre, les cliniciens qui souhaitent enrichir leur propre expérience
et tous ceux qui acceptent de surmonter leurs préjugés pour mieux
connaître ce phénomène criminel si terrible.

Daniel Zagury,

Psychiatre des hôpitaux, Expert près la Cour d’appel de Paris

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